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Métaux lourds et contaminants alimentaires : les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme



Cadmium dans les céréales du petit-déjeuner, aluminium dans les biscuits et viennoiseries, plomb dans le pain, mercure dans les poissons, acrylamide dans les frites… L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) vient de publier les premiers résultats de la troisième Étude de l’Alimentation Totale (EAT3), et le constat est préoccupant : les Français, et particulièrement les enfants, sont exposés à des niveaux trop élevés de plusieurs contaminants chimiques via leur alimentation.



Une exposition alimentaire encore trop élevée



L’étude EAT3 a analysé plus de 700 échantillons d’aliments représentatifs du régime alimentaire français. Résultat :


  • Risque sanitaire identifié pour le cadmium, l’aluminium et le mercure

  • Préoccupation sanitaire pour le plomb et l’acrylamide (substance formée lors des cuissons à haute température)



Les enfants sont les plus vulnérables. Par exemple, 76 % d’entre eux dépassent la valeur toxicologique de référence pour l’aluminium, contre 39 % des adultes. Concernant le cadmium, jusqu’à 27 % des enfants de plus de 3 ans dépasseraient la dose journalière tolérable.



Les produits céréaliers particulièrement concernés



Les produits à base de céréales (pain, pâtes, biscuits, viennoiseries, céréales du petit-déjeuner) sont les principaux contributeurs à l’exposition au cadmium, à l’aluminium et au plomb.


Les céréales absorbent facilement les contaminants présents dans les sols, notamment le cadmium, largement issu des engrais phosphatés. L’étude note d’ailleurs une augmentation marquée des concentrations dans certaines céréales du petit-déjeuner.


L’acrylamide, classé cancérogène probable, reste également préoccupant, notamment dans les frites et les pommes de terre sautées, où il se forme lors des cuissons au-dessus de 120 °C.



Des améliorations… mais insuffisantes



L’Anses observe une diminution globale de certains contaminants par rapport à la précédente étude (notamment le plomb), grâce à des réglementations passées.


Cependant, les dépassements persistent, en particulier chez les enfants. Les autorités recommandent de réduire la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés et d’encourager les industriels à poursuivre les efforts pour limiter la formation d’acrylamide.


Concernant l’alimentation biologique, les premiers résultats ne montrent pas de différence significative sur ces contaminants, mais l’analyse complète reste à venir.



Pourquoi cela nous concerne tous



Cette étude rappelle une réalité essentielle en santé environnementale : l’exposition chronique à faibles doses via l’alimentation constitue un enjeu majeur de santé publique.


Les enfants, du fait de leur poids corporel et de leur développement en cours, sont particulièrement sensibles aux effets neurologiques, rénaux ou cancérogènes de certains de ces contaminants.


Réduire l’exposition passe par des mesures collectives (réglementation agricole, pratiques industrielles), mais aussi par des stratégies individuelles éclairées : diversification alimentaire, attention aux modes de cuisson, qualité des matières premières, information des familles.


Mandard, S. (2026, 12 février). Les Français exposés à des niveaux « préoccupants » de cadmium, plomb, aluminium. . . par l’alimentation, alertent les autorités de santé. Le Monde.fr.

 
 
 

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